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CES PEURS QUI NOUS HABITENT

Il est possible d’envisager que les peurs sont nécessaires à l’espèce humaine au titre qu’elles en ont favorisé la survie.

La peur est une des quatre grandes émotions de base que rencontre l’être humain dans la vie. Les trois autres sont la joie, la tristesse et la colère. Chacune d’elles ont leur utilité.

Ceux de nos ancêtres qui ne ressentaient pas assez de peur ont sans doute survécu en moins grand nombre et ont eu moins de descendants que leurs congénères plus prudents : ne pas avoir assez peur du noir, du feu, du vide… pouvait entraîner blessures ou mort.

Voilà pourquoi les peurs « naturelles » sont universelles.

LES ORIGINES

Qu’est-ce que la peur ? Est-ce une invention de l’esprit, une folie ?

La peur est une émotion ressentie généralement en présence ou dans la perspective d’un danger.

La peur est très certainement l’une des émotions les plus anciennes du monde animal et humain. Tous les jours, aux temps primitifs, pour boire, manger et vivre, il fallait lutter pour survivre. Cette survie concerne encore aujourd’hui une grande partie de l’humanité.

Il est facile d’imaginer que la première émotion négative vécue par un être humain ait été une peur.

Ainsi, l’homme primitif, confronté à une première situation dangereuse pour sa survie ne sait pas encore qu’elle est menaçante. C’est seulement après avoir vécu cette situation et avoir constaté qu’elle était douloureuse, dangereuse ou mortelle pour lui-même ou son espèce que la peur va alors faire son apparition. 

Une situation concrète associée à une peur va permettre l’utilisation de la prudence et le développement de diverses stratégies pour tenter de l’éviter. Sans la mémoire qui associe danger et peur, la survie ne serait pas possible

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Il est facile, par l’observation, de constater qu’il en est de même pour les animaux. Mais qu’en est-il pour le monde végétal ? Le comportement de la plante face au froid ou au chaud, par exemple, indique qu’elle possède également des stratégies d’évitement. Mais connaît-elle une émotion de peur ?

Des origines éducatives

On sait que certaines phobies peuvent avoir été apprises au travers des propres peurs excessives des parents.

Les parents peuvent induire une appréhension excessive chez leurs enfants en leur martelant des consignes de prudence et des recommandations angoissantes. Même si les parents sont attentifs à ne pas laisser filtrer leurs propres peurs, leurs enfants seront capables de repérer qu’un de leurs parents est très tendu dans certaines situations.

Cette façon d’acquérir des peurs est bien connue.

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Des origines biologiques

De nombreux travaux ont démontré l’existence de circuits cérébraux impliqués dans les phénomènes émotionnels et plus particulièrement la peur. Ces circuits reliant le cortex (superficie du cerveau) aux structures sous corticales (structures profondes du cerveau) sont dites limbiques. Un hyperfonctionnement de ces circuits pourrait être à l’origine d’une anxiété excessive.

Différentes structures sont impliquées dans ces circuits dont l’amygdale. On sait par exemple qu’une lésion de cette structure chez la souris provoque une disparition du sentiment de peur qui se traduit par la possibilité de s’approcher d’un chat anesthésié pour lui mordiller les oreilles. Des dérèglements biologiques dans cette région pourraient, entre autre, être à l’origine de manifestations anxieuses excessives.

La peur vient après la confrontation au danger

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Lorsque l’enfant place pour la première fois, par mégarde, sa main sur un objet brulant vit-il une peur ?

Tout comme pour l’homme primitif, la première expérience est seulement douloureuse et menaçante au niveau corporel et, par réflexe, l’endroit atteint est immédiatement éloigné –du moins quand cela est réalisable- de la source dangereuse.

C’est seulement après cette expérience que la peur apparaîtra car le cerveau fera l’association entre la source dangereuse et l’atteinte corporelle.

Avantages et inconvénients des peurs

Comme nous venons de le voir, la peur est nécessaire car elle permet de développer des stratégies pour survivre. La réponse physiologique à une peur déclenche une libération d’adrénaline qui permet d’utiliser les deux stratégies de survie les plus importantes : fuir ou combattre. Cette décharge chimique permet d’activer et d’accroître la fonction neuromusculaire et de diminuer les sensations douloureuses afin d’avoir une réponse optimum face au danger.

Toutefois, si la peur est trop importante, elle risque de paralyser et d’inhiber les réactions qui seraient les plus utiles comme fuir ou combattre.

Un autre inconvénient de la peur, concerne la peur de la peur ou l’anticipation de la peur, la peur avant la confrontation.

La peur face a un véritable danger est donc un mécanisme défensif naturel, tandis que la phobie, l’anxiété et l’angoisse sont considérées comme des pathologies.

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Stress, anxiété, angoisse.

Dans notre société moderne hyper protégée, nous sommes peu confrontés aux menaces réelles extrêmes qui concernent directement la survie du corps.

Dès notre plus jeune âge, la peur fait partie intégrante de notre vie. Ainsi le bébé sera stressé par un bruit ou un choc violent. Ce sont des agressions sensorielles du physique qui créent des peurs.

Plus tard, apparaît la peur des visages inconnus, du noir, de l’abandon, de certains animaux. La peur de s’endormir est également fréquente, ce que Françoise Dolto appelait « l’angoisse de la petite mort ». La période des premiers cauchemars est aussi très difficile.

Les peurs, généralement, deviennent une interprétation subjective d’une réponse corporelle à une situation perçue comme dangereuse et/ou issue de l’environnement culturel, familial ou religieux. Normalement, tout au long de notre vie, nous apprenons à gérer la peur et à la surmonter.

L’enfant et l’adolescent jouent souvent à se faire peur car ils apprennent ainsi à l’apprivoiser. Le risque est de ne pas toujours se rendre compte du danger réel que cela implique. Un enfant peut très bien être terrorisé par un hululement et jouer avec du feu sans percevoir le danger. Généralement, les enfants affrontent leurs peurs en faisant la distinction entre fantasme et réalité. Par le jeu, l’enfant comprend et maîtrise progressivement ses peurs. La perception des situations qui génèrent des peurs varient avec l’âge et le contexte.

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Les peurs subjectives d’un enfant, d’un adolescent, d’un adulte, d’une personne âgée varient considérablement d’une culture à l’autre. En voici quelques unes :

  • Peur de la mort,
  • Peur d’être pourchassé,
  • Peur des personnages fantastiques,
  • Peur des éléments naturels (le feu, l’eau, l’air)
  • Peur de l’école,
  • Peur des relations avec l’autre sexe, du ridicule,
  • Peur de ne plus être aimé et apprécié,
  • Peur de ne pas trouver d’emploi ou de le perdre,
  • Peur du manque d’argent,
  • Peur de la solitude,
  • Peur d’être trompé,
  • Peur d’être malade.

Lorsque l’anxiété, l’angoisse ou le stress perdure, de nombreux désordres physiologiques et psychologiques apparaissent.

Normalement, l’adrénaline, pour ne citer qu’elle, sert à passer à l’action et l’organisme maintient son niveau élevé jusqu’à la manifestation de l’évènement. L’artiste et le sportif connaissent bien cette décharge d’adrénaline avant leur prestation.

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Mais si l’action n’est pas possible, ce qu’Henri Laborit appelait l’inhibition de l’action, ce qui était un avantage devient un inconvénient.

Un court stress permet d’augmenter les performances mais un stress qui n’arrive pas à passer à l’action pour empêcher le danger ou la peur devient rapidement nocif.

Notre société actuelle, malheureusement, vit tout particulièrement dans l’inhibition de l’action d’où son niveau de stress important.

Il y a quatre grands indicateurs qu’un stress prolongé devient nocif :

  • la perte ou la perturbation du sommeil,
  • la perte de l’appétit ou la perte de poids,
  • un syndrome dépressif,
  • des palpitations cardiaques ou une hypertension artérielle.

Thérapies

Il existe de très nombreuses approches thérapeutiques… Pour autant, il n’est pas possible dans cet article de les énumérer toutes ….

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