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Les styles d’attachement

Les styles d’attachement

RÉSUMÉ

Les styles d’attachement, issus de la théorie de Bowlby, décrivent la manière dont les individus établissent et maintiennent des relations. Il en existe principalement quatre : l’attachement sécurisé, caractérisé par la confiance et la stabilité ; l’attachement évitant, marqué par l’indépendance excessive et la difficulté à faire confiance ; l’attachement anxieux-ambivalent, caractérisé par la dépendance et la peur de l’abandon ; et l’attachement désorganisé, qui combine des comportements contradictoires et souvent liés à des traumatismes. Ces styles influencent profondément la manière dont chacun interagit dans ses relations affectives.

Très régulièrement, dans le cadre de ma pratique professionnelle de psychologue, je suis sollicitée par des personnes énonçant leurs souffrances dans leurs relations affectives aux autres, sources d’insécurité, d’anxiété, de dépendance affective, avec une importance exagérée du regard de l’autre.

La question des liens d’attachement, des blessures subies dans l’enfance, de l’auto-sabotage à l’âge adulte qui en découle, de l’estime et confiance en soi est centrale dans ces demandes d’accompagnement. Il est souvent mis en évidence des souffrances émotionnelles fortes créant des dommages conséquents sur la santé psychique et physique (auto-sabotage, somatisations) avec des impacts dans leurs relations personnelles, amoureuses, familiales, professionnelles et amicales.

J’ai déjà écrit plusieurs articles liés aux liens d’attachement, à la confiance en soi, à l’estime de soi.
Vous pourrez les retrouverez, chers lecteurs, sur ce blog.

Les styles d’attachement constituent un cadre théorique fondamental pour comprendre la manière dont les individus construisent et entretiennent leurs relations affectives tout au long de leur vie. Issus des travaux de John Bowlby et Mary Ainsworth, ces modèles expliquent comment les expériences précoces avec les figures d’attachement influencent la capacité à faire confiance, à gérer la proximité, et à réguler ses émotions dans les relations adultes.

1. ORIGINES ET DEVELOPPEMENT DES STYLES D’ATTACHEMENT

L’attachement se développe durant la petite enfance à travers l’interaction avec les figures principales (souvent les parents ou les soignants). Ces interactions façonnent la perception que l’enfant a de lui-même et des autres, ainsi que ses stratégies pour obtenir du réconfort et de la sécurité.

  • Attachement sécurisé : Résulte d’un environnement cohérent, sensible et réactif où les besoins de l’enfant sont régulièrement satisfaits. L’enfant apprend à faire confiance, à explorer le monde tout en sachant qu’il pourra obtenir du soutien si nécessaire.
  • Attachement évitant : Se forme lorsque les besoins de l’enfant sont peu ou mal reconnus, ou lorsque la figure d’attachement est distante ou non disponible. L’enfant apprend à supprimer ses besoins émotionnels pour éviter le rejet ou la frustration.
  • Attachement anxieux-ambivalent : Émerge lorsque les réponses de la figure d’attachement sont incohérentes ou imprévisibles. L’enfant devient alors hyper vigilant, cherchant constamment du réconfort tout en doutant de sa disponibilité.
  • Attachement désorganisé : Se développe souvent en contexte de trauma, de maltraitance ou de perte. Il combine des comportements d’approche et d’évitement, témoignant d’un conflit intérieur face à la figure d’attachement.

2.LES PRINCIPAUX STYLES D’ATTACHEMENT

Ces styles, identifiés lors d’études sur l’adulte, influencent la façon dont chacun construit ses relations amoureuses, amicales ou professionnelles.

  1. Attachement sécurisé
  • Caractéristiques : Confiance en soi et en autrui, capacité à exprimer et recevoir de l’affection, gestion saine des conflits.
  • Conséquences : Relations stables, communication ouverte, résilience face aux difficultés.

A titre d’illustration, c’est le cas de Marie quia grandi dans une famille où ses besoins émotionnels étaient écoutés et respectés.

Maintenant, en couple, elle peut exprimer ses désirs et ses peurs sans crainte de rejet. Lorsqu’elle traverse une période difficile, elle n’hésite pas à parler à son partenaire, qui la soutient avec compréhension et sait aussi lui laisser de l’espace d’expression. Elle fait confiance à son partenaire et sait aussi lui laisser de l’espace.

  • Attachement évitant
  • Caractéristiques : Indépendance accrue, difficulté à faire confiance ou à dépendre émotionnellement, tendance à éviter la proximité.
  • Conséquences : Difficultés à établir des liens profonds, tendance à privilégier la solitude ou à minimiser l’importance des relations.

En exemple, il s’agit dePaul a souvent évité les relations proches parce qu’il a été élevé dans une famille où ses émotions étaient peu valorisées. Lorsqu’il entre dans une relation amoureuse, il préfère rester indépendant, évitant de trop se dévoiler ou de dépendre de l’autre.

Lorsqu’il ressent de la vulnérabilité, il préfère se retirer plutôt que d’en parler, craignant d’être trop vulnérable ou de perdre son autonomie.

  • Attachement anxieux-ambivalent
  • Caractéristiques : Besoin constant de proximité, peur de l’abandon, jalousie, sentiment d’insécurité.
  • Conséquences : Relations souvent marquées par la dépendance, la possessivité ou la peur de la rupture.

C’est Sophie qui a grandi dans un contexte où ses parents étaient souvent absents ou peu disponibles. Ils lui donnaient parfois beaucoup d’affection mais de façon incohérente.

Aujourd’hui en couple, elle recherche constamment des signes d’amour et d’engagement, mais ressent aussi une grande peur d’être abandonnée.

Elle peut devenir jalouse ou demander des assurances répétées, craignant que son partenaire ne l’aime pas autant qu’elle le souhaite.

  • Attachement désorganisé
  • Caractéristiques : Comportements contradictoires, confusion, peur mêlée à une attirance pour la proximité.
  • Conséquences : Difficultés majeures dans la régulation émotionnelle, tendance à reproduire des schémas dysfonctionnels ou à vivre des relations tumultueuses.

Pour Alex, c’est la maltraitance vécue dans son enfance qui détermine la façon dont il s’attache aux personnes. Adulte, il peut osciller entre vouloir se rapprocher de ses proches et craindre leur rejet ou leur colère.

Ainsi, par exemple, lors d’un conflit, il peut d’abord chercher le réconfort puis se rétracter ou devenir agressif, incapable de gérer ses émotions ou de comprendre ses propres comportements. Ses relations sont souvent tumultueuses ou instables.

3. Impact des styles d’attachement sur la vie relationnelle

Les styles d’attachement influencent :

  • La capacité à faire confiance et à s’engager.
  • La gestion des conflits et la capacité à négocier les besoins personnels et ceux de l’autre.
  • La régulation émotionnelle, notamment face au stress ou à la menace de rejet.
  • La perception de soi et de l’autre, pouvant favoriser ou entraver la construction d’une intimité authentique.

4. La plasticité des styles d’attachement

Il est important de noter que ces styles ne sont pas fixes. La thérapie, les expériences de vie, ou la conscience de ses modes de fonctionnement peuvent permettre une évolution vers un style plus sécurisé.

La reconstruction d’un attachement sécurisé peut passer par la thérapie, la conscience de ses schémas répétitifs et la recherche de relations saines.

Relation mère-enfant

source : https://papapositive.fr/une-infographie-geniale-sur-lattachement-1/

RESSOURCES POUR CHANGER SON LIEN D’ATTACHEMENT

  1. LA PRISE DE CONSCIENCE

Pour se libérer de ses blessures et tendre vers des liens d’attachement secure, il est judicieux de prendre conscience de ce qui nous encombre (nous emprisonne, nous bloque) pour ensuite vouloir changer et apprendre à :

  • S’aimer,
  • Réparer l’image que nous avons de nous-même
  • Parvenir à vaincre nos peurs les plus enfouies

Il s’agit alors :

  • D’apprendre à être indulgent avec soi-même pour apprendre à s’aimer, à aimer la belle personne que vous êtes,
  • Réparer l’estime de soi (confiance en notre propre valeur)
  • Vaincre ses peurs pour les dépasser et faire avec elles :
  • SE FAIRE ACCOMPAGNER EN THERAPIE

Entamer une thérapie apparait indispensable pour se faire accompagner dans la gestion de la souffrance générée par la peur de l’abandon. Pour la personne, il s’agit, alors, de faire des prises de conscience :

  • Celle de prendre conscience que l’on ne prend pas soin de soi,
  • Celle d’envisager de soigner l’enfant meurtri (l’enfant intérieur) que l’on a été,
  • Celle de prendre du temps pour se libérer de ses blessures du passé, quel que soit l’âge que l’on avait quand ces blessures sont survenues.

La mise en mots de ses blessures est essentielle pour pouvoir se libérer, agir, et redevenir un sujet.de sa vie. Vous avez la possibilité de me contacter afin que nous puissions, ensemble, lors d’une première consultation, faire le point sur ce que vous vivez. J’aurais plaisir à vous accueillir en souhaitant que je puisse vous aider à retrouver de la juste sérénité pour poursuivre votre chemin de vie.

Au cours de la thérapie qui peut se mettre en place, je vous inviterai à cheminer ensemble sur le fil de vos pensées, pour vous aider en toute bienveillance et empathie, à comprendre ce qui est à comprendre, à dénouer ce qui est à dénouer pour enfin construire ou reconstruire ce qui est à construire ou reconstruire, ce dans le respect du secret professionnel propre à mon éthique de psychologue.

  • PRATIQUE DE PLEINE CONSCIENCE ET MEDITATIONS

Les techniques de pleine conscience (mindfulness) aident à prendre conscience de ses schémas automatiques, à gérer l’anxiété ou la jalousie, et à renforcer la stabilité émotionnelle. La méditation peut favoriser la régulation émotionnelle, essentielle pour évoluer vers un attachement plus sécurisé.

  • TRAVAIL SUR SOI ET DEVELOPPEMENT PERSONNEL
  • Journal de bord : écrire ses émotions, ses expériences passées, ses schémas récurrents pour mieux les comprendre.
  • Autocompassion : apprendre à se traiter avec douceur et patience dans le processus de changement.
  • Renforcement de l’estime de soi : en travaillant sur la confiance en soi, on devient moins dépendant de l’approbation extérieure.
  •  Construire des relations saines
    S’entourer de personnes ayant un style d’attachement sécurisé ou évolutif, et pratiquer la communication assertive, la vulnérabilité et la confiance progressive.

En résumé :

  • La prise de conscience est essentielle.
  • La thérapie reste un outil puissant pour dénouer les schémas anciens.
  • Les livres, formations et pratiques de pleine conscience complètent le processus.
  • La patience, la douceur envers soi-même, et la persévérance sont clés dans cette démarche

Bibliographie pour aller plus loin

https://www.dunod.com/sciences-humaines-et-sociales/attachement-en-psychotherapie-adulte-theorie-et-pratique-clinique

Auteure Théorie et pratique clinique – Joanna Smith

https://www.editions-eyrolles.com/livre/les-liens-d-attachement-100-illustre

Auteur(s) : Gwénaëlle PersiauxYoanna MicoudJohanna Crainmark

Auteurs : de Danya Glaser (Auteur), Vivien Prior (Auteur), Nicole Guédeney (Préface), Françoise Hallet (Traduction)

https://www.editions-eyrolles.com/livre/guerir-des-blessures-d-attachement

Guérir des blessures d’attachement

Auteur(s) : Gwénaëlle Persiaux

Les troubles de l’attachement : Manuel de psychologie appliquée Broché – 2 juillet 2024 de William Vanden (Auteur)

MA CONVICTION
Chacun a en soi la capacité de s’aider soi-même, de guérir ses blessures psychiques.

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