182019Juin

Le deuil de non maternité

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LE DEUIL DE NE PAS ETRE MERE

Pour les femmes privées involontairement d’enfants, la maternité est représentée comme une phase importante dans la définition de soi et la construction identitaire.

Pour un certain nombre de femmes rencontrées en consultation, au cabinet, plusieurs ont pu dire combien :

  • elles avaient le sentiment fort de ne pas être complètement s’accomplies ;
  • le sentiment d’échec était prégnant
  • elles avaient l’intime conviction d’être passées à côté d’une relation spéciale, comme le lien d’attachement à un enfant
  • elles ne se sentaient pas, «normale », comme « les autres femmes », comme « les mères».
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LE DESIR D’ENFANT

 Chez la femme : un rêve de petite fille

 • Un désir qui remonte à la petite enfance

Selon Freud, le désir d’enfant émerge chez la petite-fille aux alentours de dix-huit mois, lorsqu’elle commence à s’identifier à sa mère et l’imite en s’occupant de sa poupée.

Vers cinq ou six ans, c’est la période du complexe d’Œdipe : la petite-fille se détourne de sa mère, pour souhaiter un enfant de son père. Chez les jeunes adolescentes, on observe que le désir d’enfant répond surtout à un besoin affectif.

C’est avec la découverte de la sexualité, que la jeune femme est ensuite attirée par des “objets” d’amour différents de ses parents. En rencontrant le sexe opposé, son désir d’enfant se manifestera de nouveau

• Récompenser sa mère

Pour la psychiatre Monique Bydlowski, enfanter c’est reconnaître sa propre mère à l’intérieur de soi. Elle estime que d’une manière inconsciente, le premier enfant est dédié à la mère. Elle observe que les femmes qui ont des relations difficiles avec leurs mères repoussent ce désir d’enfant.

Chez l’homme : un désir plus tardif

 Si le désir d’enfant est ancré dès la petite enfance chez la femme, chez l’homme il est beaucoup plus tardif : il est le résultat d’une longue maturation psychique.

• Un nouvel engagement
Il représente un nouvel engagement dans sa vie. Avec la paternité, l’homme abandonne définitivement l’adolescence et affirme sa virilité. Dans le même temps, il est projeté vers le passé : il revisite sa propre enfance et ses relations avec son père et son grand-père.

La dette maternelle

Le désir d’être père serait, pour la psychanalyse freudienne, également à relier au désir de récompenser sa mère. L’homme offre son enfant à sa mère pour la remercier de lui avoir donné la vie.

Pour une femme, toute grossesse comporte au moins la satisfaction deux désirs inconscients en proportion variable. :

– Le désir de grossesse: celui d’être enceinte, pleine, habitée et qui répond à toutes les pertes, comblements narcissiques…..

– Le désir d’enfant: celui de mettre au monde un enfant-sujet, un autre, dans un projet de relation d’objet libidinal satisfaisant tous les désirs.

La crise du temps de la grossesse va donc remettre en chantier les bases de l’identité et a travers les conflits et les tensions faire émerger une nouvelle identité. C’est souvent l’arrivée du premier enfant qui va entraîner le plus grand bouleversement.

  • Désir de grossesse

Dans la vie psychique de la femme, le désir d’enfant s’inscrit dans la logique de passage du corps de la jeune femme à celui de la mère. Le désir d’enfant est bien souvent avant tout un désir de grossesse. Ce « malentendu » se révèle tout particulièrement quand la femme enceinte a idéalisé son enfant pendant neuf mois, et découvre un enfant fait de chair et de sang nécessairement différent du rêve.

Désir d’être enceinte, aussi dans la fonction de femme par rapport à un homme. C’est un accomplissement de la féminité, envie de donner ce que l’on a pas reçu soi-même, compenser un déficit affectif… les facteurs psychologiques à l’origine du désir d’enfant sont nombreux.

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  • Désir d’enfant

c’est celui de mettre au monde un enfant-sujet, un autre, dans un projet de relation d’objet libidinal satisfaisant tous les désirs.

Si le désir d’enfant est à rapprocher de la vie psychique de la mère, le besoin est, lui, à rapprocher de la vie sociale. Ainsi, le besoin d’enfant peut davantage s’apparenter à une recherche inconsciente de conformité sociale, de besoin de ressembler à un modèle socialement valorisé et porteur à la fois de reconnaissance et d’intégration sociale. Ce distinguo entre désir et besoin est l’objet d’une attention particulière de la part des autorités quand des couples, confrontés à des problèmes de stérilité, souhaitent s’orienter vers des démarches de procréation médicalisée ou des demandes d’adoptions.

LE DEUIL DE L’ENFANT QUE L’ON N’AURA JAMAIS

C’est une souffrance intense lorsqu’une femme ne peut pas devenir mère alors qu’elle y aspire du plus profond de son être.

Il se peut qu’elle cherche à faire aboutir son projet de maternité en recourant à ce que la médecine offre comme alternatives pour devenir mère ou qu’elle accepte de choisir l’adoption…

Pour autant, il peut aussi advenir qu’elle n’aura pas d’enfant et ce, pour des raisons qui peuvent être multiples :

  • un célibat qui a perduré au fil des années, sans avoir pu trouver le compagnon avec qui une famille pouvait se construire ;
  • des craintes par rapport au parcours médical (PMA)
  • des traitements médicaux qui n’ont pas abouti,
  • une stérilité et infertilité impossibles à combattre
  • des relations professionnelles ou amoureuses ont pris le pas sur l’envie d’enfant (le projet d’enfanter a été reporté d’année en année) ;
  • l’âge est jugé trop avancé  … etc…

Le moment n’a jamais été propice ou ne s’est pas présenté.

Il y a toujours eu un « oui, mais… »

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Dans tous les cas, la vie impose quelque chose que la femme va devoir traverser, le plus souvent avec douleurs et souffrances psychologiques. Il n’a pas été question d’un choix ou d’un non-choix.

Perdre un enfant avant de l’avoir mis au monde devient alors une épreuve. Il est question de faire le deuil de l’enfant qu’elle n’aura jamais :

  • surmonter cette expérience,
  • la ressentir, l’exprimer
  • pleurer l’enfant à jamais perdu,
  • enfin accepter et être dans ce mouvement là pour continuer sa vie de femme…

LE LIEN MÈRE – FILLE

Il est possible de dire que le désir d’enfant (en avoir ou pas) est relié à l’histoire de la femme avec sa propre mère.

Le lien mère-fille a une histoire souterraine dont ni la mère, ni la fille ne sont généralement conscientes.

Dans la psyché de la fille, il est probable que c’est ce lien qui permette de déposer des germes d’envol ou de nidification.

C’est bien à travers ce lien à la mère que s’expriment, entre autres :

  • le désir,
  • la rivalité,
  • la légitimité,
  • la reconnaissance

qui vont faire SENS et que la femme va prendre pour siens….

En tant que femme qui va désirer ou non un enfant, qui va enfanter ou pas, la relation à la mère et la façon dont elle a été intériorisée est une composante de base agissante qu’il est utile de repérer et de reconnaitre…

La façon dont la mère va se comporter, se positionner et être perçue n’est pas sans effet sur le rapport à la maternité de la femme et ce, que l’on ait eu une mère chaleureuse, distante, absente, aimante, indépendante, fusionnelle, pionnière, traditionnelle, féministe, structurante, volage, fragile, carriériste ou bohème, etc…

Le deuil du désir de maternité est parfois plus long et couteux en fonction de l’histoire personnelle.

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Devenir à son tour mère n’est pas suffisant pour se sentir à la hauteur de celle qui nous a nous-mêmes enfantée.

Ce passage initiatique de l’accouchement aide à garantir à la nouvelle mère son statut mais c’est la présentation de l’enfant à sa propre mère qui détermine pour toujours, rassure, inquiète, gratifie… quant à sa capacité à pouvoir endosser ce statut à son tour.

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SE RECONCILIER AVEC SOI-MÊME ET LA VIE…

C’est avec soi-même qu’il faut faire la paix. Avec cette personne qui n’a pas réussi à réaliser son rêve : celui d’avoir un enfant, celui d’être mère…

Si ces femmes-là ne réalisent pas leur désir d’avoir des enfants, elles peuvent se réaliser en concrétisant leurs rêves d’enfance, sous réserve de se donner l’autorisation (la permission) d’y accéder :

  • devenir « marraine » d’un enfant,
  • vivre une maternité spirituelle, sous quelque forme que ce soit : c’est ce que la psychanalyste Catherine Bergeret-Amselek évoque sur les couples confrontés à l’infertilité : « C’est un grand travail de devenir parent sans avoir d’enfant. Il s’agit, dès lors, de faire cette bascule où l’on cesse d’être l’enfant de ses parents pour faire des bébés symboliques : transmettre, aider les autres, faire un passage… »
  • accoucher d’une œuvre liée au domaine créatif, artistique 
  • vivre d’œuvres caritatives, dans leur ville ou à l’autre bout du monde,
  • ouvrir une maison d’hôte,
  • créer sa propre activité,
  • Vivre pendant quelques mois dans un ashram
  • ou, tout simplement, mener une vie libre, drôle, fidèle à cette autre maxime : « Ils vécurent enfants et firent beaucoup d’heureux. »
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