292018Juin

Rompre une relation : une source de questionnements

ROMPRE : UNE SOURCE DE

QUESTIONNEMENTS….

De très nombreuses personnes, en difficulté dans leur couple, envisagent une séparation sans pour autant se décider à franchir le cap. Chacun, alors, se trouve confronté aux doutes entre l’envie de partir, d’aller de l’avant et aussi la peur de prendre la mauvaise décision et d’avoir des regrets. Ainsi, avant de prendre une décision définitive, sachez qu’il pourrait être judicieux de pouvoir se faire aider en sollicitant un soutien, un accompagnement, afin de pouvoir cheminer et d’être guidé dans votre réflexion et épaulé dans votre démarche.

 ROMPRE OU NE PAS ROMPRE


Lorsque l’idée de partir et de quitter son conjoint émerge, il est tout à fait légitime de constater que l’on va faire face à une épreuve éprouvante sur le plan psychique. Quitter son conjoint, son compagnon, son mari entraine, dans les faits, de quitter la zone de confort qui s’est installée au fil du temps (habitudes, logement confortable, travail, relations, vacances, loisirs, etc.).

Il est possible également que l’on se soit beaucoup investi dans la relation de façon justement à s’y sentir en sécurité. Pour autant, cette zone de confort n’apparait plus aussi agréable  et plaisante … On commence à se sentir prisonnier et à l’étroit dans la relation, avec le désagréable sentiment d’étouffer auprès de son conjoint.

Ainsi, comme on peut le voir, envisager une rupture, c’est donc renoncer à tout un monde que l’on s’est construit pour être bien dans sa vie.

LE QUESTIONNEMENT

Que va-t-il se passer après la rupture ? Se pourrait-il qu’une poursuite de vie commune soit possible ? Ne sommes-nous pas en train de baisser les bras trop vite ? Est-ce que je ne noircis pas la situation ? Suis-je si malheureux ou malheureuse ? Avons-nous le droit de faire supporter notre rupture à nos enfants ? Serons-nous en capacité d’accepter et de gérer la solitude ? Aurais-je la capacité à rebondir et à reconstruire d’autres projets seul(e) ou avec une autre personne ? Quelles réactions de la part des enfants ? Nos enfants ne nous en voudront-ils pas de leur avoir fait vivre cela ? Notre famille (frères, sœurs) et nos propres parents ne vont-ils pas penser que nous avons échoué dans notre  vie sentimentale ? Sera-t-on en mesure d’aimer  à nouveau ? Arriverons-nous seul à faire face aux aléas de l’existence ?

LES PEURS, LES INQUIÉTUDES

Prendre la décision de rompre et de partir, c’est assumer ses choix, se confronter au regard des autres. C’est faire face à :

  • la désapprobation du conjoint, voire son agressivité,
  • la déception voire la rancœur des enfants,
  • l’incompréhension de certains proches qui tenteront de vous dissuader et qui projetteront sur vous leurs propres angoisses.

Dans une séparation, il est habituel que seul un des partenaires du couple considère la rupture comme étant la solution la plus adéquate.

Si vous êtes celui qui l’envisagez alors vous aurez intérêt  à vous montrer rassurant, mais déterminé pour ne pas reculer lorsque votre conjoint s’effondrera en réalisant que ce n’est ni une parole en l’air, ni une forme de chantage. Il peut chercher à ;

  • vous dissuader,
  • se considérer comme une victime
  • vous culpabiliser en espérant ainsi vous démotiver.

Parvenir à faire accepter à son entourage la rupture n’est pas chose aisée d’autant que l’on peut soi-même être fragilisé et fatigué par une relation à « bout de souffle ». On peut avoir peur :

  • des bouleversements à venir,
  • de l’inconnu et de la capacité à se projeter et à reconstruire,
  • de sentir la culpabilité
  • de s’avouer que la rupture est la mise en évidence d’un échec.

L’idée des bouleversements, des souffrances et des changements à venir peut être dissuasive et peut entrainer un report de décisions…en se persuadant que ce n’est pas encore le bon moment.

C’est rarement le cas car ce qui fait  une différence majeure entre une séparation réussie et une séparation compliquée réside dans la façon dont on mène la séparation (communication verbale et non verbale, posture comportementale) plutôt que dans le moment choisi.

Quoi qu’il en soit, rester par dépit, par peur du jugement, par manque de courage ou à cause de l’angoisse de la solitude ne sera pas une solution durable non plus.

Il va donc falloir trouver le moyen de faire évoluer la situation en fonction de vos limites, des possibilités et des besoins de chacun tout en s’armant de courage pour parvenir à se confronter aux peurs inhérentes.

 CHOISIR, AFFIRMER SES CHOIX

Il est vrai que toutes les étapes auxquelles il va falloir se confronter  pour mener à bien une séparation  sont moralement épuisantes et de surcroit vécues par beaucoup de personnes dans une sensation de solitude propice à l’angoisse et à la déprime :

  • La peur d’être jugé,
  • La crainte d’être incompris
  • La certitude de faire du mal aux autres
  • La culpabilité,
  • Peut-être la difficulté à se confier …

Envisager de rompre et de partir n’est jamais une décision facile à prendre. Elle est toujours, pour autant, le symptôme d’une souffrance, d’un épuisement, d’un constat d’échec ou d’une grande déception.

Il n’est pas rare que les proches éprouvent davantage de compassion pour celui qui est quitté que pour celui qui quitte. C’est ainsi que certains ayant trop peur de ternir leur image pousseront insidieusement leur conjoint à les quitter et pourront ainsi se faire plaindre par l’entourage.

Il y a aussi des couples pour lesquels chacun refuse d’assumer la décision espérant que l’autre la prenne à sa place. Parfois cela dure très longtemps comme ça jusqu’à ce que l’un des deux n’en puisse plus et craque. L’autre, (celui qui est quitté mais qui n’a pas eu le courage d’assumer son désamour) s’engouffre sans scrupule dans une attitude de victimisation qui n’a pourtant pas lieu d’être mais qui permet là encore de se donner bonne conscience.

LES ÉVIDENCES

Si c’est vous qui êtes à l’initiative de la rupture, il est possible que votre partenaire refuse d’admettre certaines évidences comme par exemple que la relation n’est plus ce qu’elle était.

Afin de donner du corps à ses propos, il peut vous assurer vous aimer comme au premier jour alors que ce n’est pas l’impression que cela vous donne. Selon votre conjoint il serait plutôt logique que vous vous réjouissiez de ce que vous avez (une maison, des loisirs, des vacances, des amis, une sécurité financière…)

Il se peut que le discours tenu puisse vous ébranler et vous faire douter de vous-même au point, peut-être, de penser que vous avez un problème… Il n’est pas aisé de savoir  se situer, de savoir ce qui est normal ou pas lorsque l’on est face à un conjoint qui ne veut pas entendre parler de remise en question.

Trop s’accrocher à une relation pourtant érodée révèle un manque de courage et une peur panique d’aller de l’avant que la personne aura tendance  à dissimuler derrière un pseudo-amour. Il convient de voir au-delà des apparences à l’aide du thérapeute.

LA THÉRAPIE : COMPRENDRE LA SITUATION ET CE QUI GÉNÉRÉ DE L’INSATISFACTION ET DE LA FRUSTRATION

A un moment donné, mieux vaut prendre un peu de hauteur et discuter avec une personne neutre, objective, à distance pour être aidé à y voir plus clair dans sa situation conjugale. Le soutien thérapeutique peut ainsi vous apporter un appui moral et des conseils concrets afin de lever vos blocages et de concrétiser vos réelles aspirations.

Comprendre par exemple ce qui fait que l’on ne ressent plus l’amour comme avant, pourquoi nous pouvons avoir envie de tout quitter alors que notre partenaire est plutôt une personne bienveillante, est-ce que les choses peuvent encore redevenir comme avant, qu’est ce qui nous retient encore, etc…

Vous obtiendrez également des conseils permettant de mieux dialoguer avec votre conjoint et d’annoncer votre décision à vos enfants ou à vos parents.

Vous pourrez aussi développer votre aptitude à faire respecter vos choix, travailler sur vos angoisses et mener à bien votre démarche de la meilleure façon qui soit pour vous.

La rencontre avec le thérapeute c’est aussi l’occasion de mieux se connaître soi-même, sans jugement, sans moralisation et culpabilisation…

PARTIR … RESTER …

Il y a des couples qui se sont oubliés avec le surcroit de travail, les enfants, les travaux de la maison et les loisirs.

Ils se sont quasiment perdus l’un l’autre au fil des ans mais ils ne se considèrent pas foncièrement malheureux ensemble pour autant.

Ils ont pu apprécier des années durant leur quotidien avant de réaliser qu’ils stagnent (voir qu’ils régressent) dans leur vie affective et que leur existence conjugale est monotone. A tel point que pour certains la vie amoureuse est devenue quasi inexistante étant donné qu’ils ne partagent plus grand-chose d’autre que les enfants et le quotidien de la maison…

Bien qu’ils aient pu être très complices par le passé et passionnément amoureux leur vie ne ressemble plus qu’à une colocation… Ce n’est plus un partage conjugal, émotionnel et sentimental… La question se pose alors de savoir si rester ensemble est la meilleure des choses à faire. Est-ce que ça vaut le coup de continuer autrement que pour les enfants? Assez souvent, l’un des deux réagit avant l’autre en réalisant qu’il y a beaucoup moins de désir, trop d’habitudes, pas assez de moments de partages complices, qu’ils ne se parlent plus que pour échanger des banalités, qu’ils n’ont plus très envie de passer du temps ensemble sans la présence des enfants.

Un bilan sous forme de diagnostic peut s’avérer utile pour savoir si les motivations sont suffisantes et si les bonnes résolutions envisagées pourront tenir dans le temps.

MAINTENIR LA RELATION ?

Il apparait sage et prudent de ne pas s’entêter à rester ensemble lorsque la discorde et dysharmonie entre les partenaires est trop importante. Mieux vaut se séparer avant d’en arriver à ne plus se supporter du tout..

ENCORE DES ESPOIRS …. ?

Si vous avez encore quelques espoirs, le thérapeute peut vous aider à  trouver  des compromis acceptables, porteurs de changements pour assurer la viabilité du couple…

Pour autant, trop de compromis équivaut souvent à renoncer à une part de soi-même…

Entre les conjoints il y a bien souvent des griefs et des rancœurs pas toujours digérés et pour cause ! Il n’est pas rare que les conjoints n’aient jamais évoqués l’objet de leurs souffrances. Il conviendra donc d’évaluer également dans quelle mesure les partenaires pourront s’affranchir de tous ces bagages émotionnels encombrants. Sans cela aller de l’avant sera comme avancer les bras chargés de sacs et de valises. Ça ralentit considérablement quel que soit la direction choisie !

La peur de vivre sans l’autre est souvent très forte. Il faut parfois des mois ou des années avant de réaliser que c’est possible. Alors rester ensemble oui, à condition que ce ne soit pas par faiblesse sinon le bonheur ne sera jamais à portée de mains.

DÉCIDER DE SON AVENIR …

Lorsqu’’un couple consulte pour la première fois, l’un des deux partenaires craint  souvent que le thérapeute énonce que la séparation est judicieuse et nécessaire…

Il est rare que le thérapeute soit dans une logique d’influence du couple puisque c’est à chacun des deux partenaires de faire le point et de choisir ce qui est bon pour eux…

C’est au cours des séances et des échanges que la question de la rupture deviendra, ou non, une priorité… une évidence qui s’impose.

Le rôle di thérapeute n’est pas de déterminer si les partenaires ont intérêt à rester ou non ensemble. Le thérapeute offre sa présence et son écoute pour aider les personnes à  ressentir ce qui est enfoui au fond d’elles-mêmes, pour en parler et parvenir à  poser les bonnes questions.

C’est ce qui permet de reprendre sa vie en main plutôt que de la subir.

SE QUESTIONNER POUR DÉCIDER

Ce n’est pas parce que l’on ne se sent plus amoureux de son conjoint qu’il n’y a plus d’amour.

Aussi, avant d’envisager une séparation mieux vaut chercher à comprendre ce qui fait obstacles au sentiment amoureux.

En recréant un contexte favorable, en se retrouvant autrement que dans la routine, en réinventant son couple,  en acceptant que l’autre ne soit plus ce qu’il était  auparavant et en acceptant qu’il va falloir composer avec cette nouvelle donne, il est possible de redynamiser une relation de couple devenue trop fade à condition toutefois de faire aussi le point sur soi.

Chacun devra y mettre du sien et ne pas se contenter d’imposer à l’autre ses désidératas. Ne rien vouloir changer sous prétexte qu’avant ça fonctionnait très bien comme ça revient à faire la politique de l’autruche et à croire que ce qui est valable un temps est valable toujours.

Les séances permettent de réaliser que la relation n’est pas forcément caduque. Mais il va y avoir des changements à opérer pas toujours faciles à admettre car on ne peut espérer redynamiser une relation sans effectuer quelques réajustements.
Le thérapeute est là pour accompagner, encourager et également pour donner un cadre de façon à ce que chacun se sente respecté et reconnu dans les efforts qu’il opère.
Car généralement au départ chacun est motivé mais la motivation peut retomber comme un soufflé à la première difficulté. Je vais donc contribuer à faire en sorte que les conjoints parviennent à concentrer leur attention au moins  autant sur le positif que sur le négatif.

LES DISCORDANCES

Lorsqu’il est question de séparation, il est très fréquent de constater que la rupture est demandée par un seul des partenaires… L’un veut partir… L’autre veut continuer …

La personne qui envisage de rompre consulte pour se conforter dans sa décision et s’assurer que ce n’est pas un coup de tête ou une crise passagère. La crainte d’avoir des regrets est souvent très forte. Il va donc falloir comprendre les enjeux sous-jacents qui font que le couple en est là où il est et voir dans quelles mesures les choses peuvent s’améliorer.

La demande se situe aussi pour beaucoup dans le fait de trouver le moyen d’aider le conjoint à comprendre, à moins juger, à prendre de la hauteur au-delà de la colère car la peur de se confronter aux émotions du conjoint peut être un obstacle majeur à la séparation.
Celui qui souhaite la rupture n’est pas forcément celui qui souffre le moins des deux. C’est même très souvent l’inverse ! Il m’arrive fréquemment de recevoir dans mon cabinet des personnes épuisées de se battre pour améliorer les choses et très fatiguées moralement de vivre aux côtés d’une personne qu’elles n’arrivent plus à aimer. Il est vrai qu’à la longue c’est éprouvant de rester pour éviter essentiellement de faire souffrir l’autre et pour préserver le bien-être des enfants.

Quant au conjoint quitté, il a besoin de comprendre ce qui lui arrive et ce qu’il peut faire pour ne pas subir passivement. Le choc est conséquent surtout pour ceux qui vivent le départ du partenaire comme un rejet ou une trahison.

Une personne en total désaccord avec la décision de rompre peut avoir tendance à exagérer  ses sentiments, soit par déni soit pour retenir. Il existe pleins de stratégies possible pour dissuader une personne de partir. Certaines sont si efficaces que celui qui souhaitait la rupture finit par ne plus savoir sur quel pied danser.

Le thérapeute pourra vous aider à faire la part des choses entre la dépendance affective et l’attachement réel.

L’ABANDON… LE REJET …

Se sentir rejeté est inacceptable pour certaines personnes surtout lorsqu’une somme d’énergie a été dépensée pour  bâtir le foyer mais plus encore lorsque cela réveille d’anciennes blessures. Devoir faire face à une telle impression de gâchis peut être  violent à vivre.

D’où la nécessité d’en parler à cœur ouvert avant de clore la relation que vous soyez le quittant ou le quitté. Sinon, se reconstruire et repartir sur de nouveaux projets de vie risque de s’avérer compliqué.

Et puis tant que l’on n’a pas appris d’une expérience, les mêmes scénarios se répètent inlassablement mettant en scène de nouveaux personnages. Ce que je veux dire c’est que ce qui n’a pas été compris risque de se reproduire avec le ou les conjoints futurs, par exemple en attirant à soi des partenaires qui auront un profil similaires en dépit des apparences. D’où l’intérêt de démêler son histoire.

Certains replongent d’ailleurs très vite dans une nouvelle vie mais déchantent aussi très vite car ils auront davantage trouvé un placébo que transcendé leur passé. Tant que les blessures ne sont pas guéries, l’individu est bloqué dans son processus d’évolution.

UNE AIDE THÉRAPEUTIQUE ?

Il peut être judicieux et apaisant de se faire accompagner avant de rompre afin de :

  • pouvoir se donner un espace de paroles, dans la neutralité et la bienveillance ;
  • s’octroyer une pause, une respiration … pour rentrer dans son intimité,
  • prendre de la distance,
  • repérer les points saillants de sa propre histoire,
  • déterminer les enjeux, les priorités.

Sauver son couple d’une rupture peut donner bonne conscience.

Pour autant, ce n’est peut-être pas la bonne solution car il y a des couples au sein desquels se cache une violence sourde insoupçonnable pour qui :

  • ne sait pas écouter avec la plus grande attention,
  • ne sait pas décoder les confidences avouées à demi-mots
  • ne sait pas entendre, derrière les non-dits et les silences, les souffrances…

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